RAPPORT ANNUEL 2022

ARPAVIE _ Rapport d’activité 2022 11 François Deparis Directeur médical «2022 ou l'année des effets post-Covid » « En 2022, nous avons véritablement constaté les effets post-Covid sur le recrutement et à tous les niveaux. Un grand nombre d’infirmières préfère des contrats à durée déterminée ou de l’intérim afin de disposer de plus de liberté dans la gestion de leur temps de travail. À cela s’ajoute le fait que l’EHPAD n’attire guère les jeunes qui sortent de l’école. Côté cadres de santé ou ASDEC, on assiste à un fort turn-over. Les collaborateurs ne sont pas assez armés pour subir sur le long terme la pression exercée sur la qualité du soin du fait de la pénurie de personnel. La stabilisation des équipes passe notamment par un travail au long court qui n’est plus possible, ce qui génère de la frustration. Les médecins manquent également : ils ne s’y retrouvent pas toujours dans la fonction de coordinateur. S’agissant des paramédicaux, on constate un manque d’intérêt pour l’EHPAD et surtout, il n’y a pas assez de personnels formés. Globalement, nous sommes donc pris en étau entre plus d’exigences de la part des familles et des pouvoirs publics, et de nouvelles aspirations de la part des collaborateurs. Face à cette contrainte, la solution ne se trouve pas uniquement dans la revalorisation des salaires. Comme l’a recommandé le rapport des Pr Claude Jeandel et Olivier Guérin, il faut valoriser les compétences via des prises en charge spécifiques, dans des unités plus spécialisées. Et cela devient d’autant plus urgent que les personnes qui arrivent en EHPAD ont plus de pathologies et sont plus dépendantes. » Une trésorerie sous tensions Plus de 85 % des EHPAD publics et 65 % des EHPAD associatifs ont rencontré des difficultés de trésorerie dans l’année : c’est l’un des principaux enseignements d’études publiées fin 2022 par la Fédération hospitalière de France (FHF) et début 2023 par la FEHAP sur la situation budgétaire des EHPAD publics et associatifs. « ARPAVIE ne fait pas exception même si les montants des déficits sont plus faibles, commente Isabelle Carroz, directrice administrative et financière. Deux raisons à cela : un manque de financement de certaines hausses de masse salariale décidées en 2021 et une indexation des produits par l’État et les Départements très inférieurs à l’inflation. » Pour faire face à cette situation, ARPAVIE a demandé un soutien financier à la Caisse des Dépôts qui lui a accordé une augmentation de fonds propres de 10 M€ en février 2023. Des dépenses en hausse Elle occupe tous les esprits depuis plusieurs mois et tous les secteurs sont touchés. L’inflation a connu en 2022 une forte résurgence pour atteindre environ 6 % en mai 2023. Les EHPAD se trouvent donc face à une nouvelle difficulté de gestion. Les contrats signés antérieurement ont préservé le premier semestre d’une partie de ses effets. Mais au global, l’impact est significatif sur les comptes 2022 d’ARPAVIE. L’association n’est bien sûr pas la seule concernée : l’ensemble du secteur est touché. Selon l’étude de la Fédération hospitalière de France (FHF) sur la situation budgétaire des EHPAD publics en fin d’exercice 2022, on observe entre 2019 et 2022 une évolution de + 9,03 % des dépenses de la section hébergement (alimentation, fluide, électricité). Et ce, même en prenant en compte les mesures d’amortissements des dépenses énergétiques : bouclier tarifaire (gaz) et amortisseur (électricité). Ces augmentations seraient supportables si les recettes suivaient. Or, le taux d’occupation des établissements a reculé par rapport à 2019 du fait de la crise du Covid (fermeture de services en raison des contaminations, du manque de personnel…), de l’effet ORPEA et les indexations tarifaires ne suivent pas les niveaux d’inflation. RECRUTEMENT BUDGET INFLATION 90 % des EHPAD indiquent une forte baisse de la capacité d’autofinancement entre 2019 et 2022. Isabelle Carroz Directrice financière

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